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Depuis le 1ᵉʳ septembre 2025, la nouvelle édition de la norme NF C 15-100 est devenue la référence unique pour toutes les installations électriques basse tension en France. Que vous rénoviez une salle de bains, remplaciez votre tableau ou installiez une borne de recharge, vous êtes concerné. Pas les installations existantes laissées en l’état, uniquement les travaux réalisés à partir de cette date.
Une refonte structurelle, pas un simple toilettage
L’édition précédente datait de 2002, mise à jour en 2005 avec cinq amendements successifs. La version 2024 rompt avec cette logique d’accumulation : la norme devient une collection de 21 textes distincts, chacun dédié à un domaine précis. Le document principal, NF C 15-100-1, pose les exigences générales, tandis que des normes spécifiques traitent des salles d’eau, piscines, installations pour véhicules électriques, réseaux de communication, etc.
Cette architecture modulaire facilite les mises à jour futures, sans remettre en cause l’ensemble du corpus à chaque évolution technique. Pour un électricien ou un maître d’ouvrage, cela change concrètement la façon de consulter et d’appliquer les textes.
Pour les travaux, la version applicable dépend d’une date de référence précise : la date de dépôt du permis de construire, ou à défaut celle de la déclaration préalable, ou encore la date de signature du marché. Si aucune pièce contractuelle ne mentionne explicitement l’édition 2024, c’est l’ancienne norme qui s’applique, jusqu’au 31 août 2025. Au-delà, plus d’ambiguïté. Pour se renseigner sur les exigences détaillées, la page dédiée de Hager constitue une ressource de référence pour les professionnels comme pour les particuliers avertis.
Les évolutions techniques à connaître avant de lancer des travaux
Plusieurs points méritent une attention particulière, car ils touchent des équipements de plus en plus courants dans les logements.
Protection contre les arcs électriques (AFDD)
Les détecteurs d’arc (AFDD, ou DPDA en français) font leur entrée comme équipements recommandés sur les circuits à risques : granges, menuiseries, bâtiments historiques, mais aussi pour les appareils fonctionnant en continu comme une VMC ou une pompe de piscine. Ces dispositifs détectent les arcs électriques dangereux dès leur apparition, avant qu’un incendie ne se déclare. Un incendie domestique sur quatre est d’origine électrique, selon les données de l’ONSE.
Recharge des véhicules électriques
La partie NF C 15-100-7-722 encadre désormais précisément les installations de recharge. Un circuit dédié avec protection différentielle à 30 mA est obligatoire. Le type de différentiel varie selon le mode de charge : type B pour une borne en mode 3, type A ou F pour une prise renforcée en mode 2 monophasé. Des obturateurs sont également requis selon les configurations.
Efficacité énergétique et réseaux numériques
La nouvelle section NF C 15-100-8-1 introduit une classification de performance énergétique des installations, de EE0 à EE5, avec des recommandations sur l’optimisation des longueurs de câbles et la mise en œuvre de systèmes de pilotage (HEMS). La norme NF C 15-100-11 encadre quant à elle les réseaux de communication dans les logements, avec des schémas types selon la présence ou non de la fibre optique.
Câbles et parafoudres
La classification européenne des câbles (Euroclasses) remplace les anciennes classes C1/C2/C3. Dans les ERP, l’usage de câbles Cca-s2, d2, a2 est obligatoire depuis mai 2025. Côté parafoudres, les sections des conducteurs ont été revues à la hausse : 6 mm² au lieu de 4 pour un type 2, et 16 mm² au lieu de 10 pour un type 1. Un parafoudre relié à la terre sur le réseau de communication devient également obligatoire dans certaines configurations domestiques.
Ce que cela implique pour un propriétaire ou un vendeur
La norme ne s’applique pas rétroactivement aux installations existantes non modifiées. Mais si vous engagez des travaux, même partiels, les nouvelles règles s’imposent sur les circuits concernés. Ce point est souvent mal compris : rénover une salle de bains implique de se conformer aux exigences actuelles pour l’ensemble de son installation électrique spécifique.
Par ailleurs, le diagnostic électrique reste obligatoire à la vente pour toute installation de plus de 15 ans, et à la location depuis 2018. Son coût se situe entre 100 et 250 € selon les prestataires. S’il révèle des anomalies, une mise aux normes peut s’avérer nécessaire, dont le coût varie entre 70 et 110 €/m² pour une remise aux normes classique, et jusqu’à 220 €/m² pour une rénovation complète incluant le chauffage électrique (tarifs 2026, TVA à 10 % applicable sur les logements de plus de 2 ans).
Le baromètre 2024 de l’ONSE est sans appel : 83 % des installations de plus de 15 ans présentent au moins une anomalie, et 64 % des logements ont une prise de terre défectueuse. Ces chiffres donnent la mesure des enjeux, bien au-delà du simple respect des textes.